Décarbonation des entreprises : trajectoires et stratégies gagnantes 

23 août 2023

Les changements climatiques constituent un problème mondial qui requiert une action immédiate et ambitieuse de l’ensemble des gouvernements, mais aussi de l’industrie, des entreprises, des organisations non gouvernementales et des citoyens.  

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Dans le cadre des accords de Paris signés en 2015, dont l’objectif primordial est de limiter l’augmentation de la température moyenne mondiale en dessous de 2°C, le Canada vise à atteindre la carboneutralité d’ici 2050

Ainsi, la Loi canadienne du 29 juin 2021 sur la responsabilité en matière de carboneutralité, enchâsse dans la loi canadienne l’engagement du pays à atteindre cette carboneutralité et devrait aussi contribuer à rendre, à terme, l’économie canadienne plus résiliente, plus inclusive et plus compétitive.

Comment les entreprises peuvent soutenir concrètement cet objectif et se conformer à la loi sur la carboneutralité? 

Impacts pour les entreprises et stratégies à mettre en place pour être conforme à la loi visant la carboneutralité  

La décarbonation constitue aujourd’hui une réalité et un défi de taille pour les entreprises cherchant à réduire leur empreinte carbone et à se conformer aux lois en vigueur. Les entreprises de Saint-Laurent ne sont pas épargnées par ces enjeux majeurs. Pour atteindre les objectifs de décarbonation, il est essentiel de combiner efficacement la réduction des émissions de carbone tout en augmentant la valeur ajoutée des activités. 

Certaines entreprises ont déjà adopté des pratiques carboneutres, tandis que d’autres ont élaboré des feuilles de route pour leur transition vers un modèle plus durable. Cependant, la plupart des entreprises restent encore peu conscientes des modifications à apporter à leurs activités pour réduire leurs impacts environnementaux, ni de leur vulnérabilité dans ce domaine, que ce soit sur le plan financier ou opérationnel. 

Pourtant de nombreux exemples existent qui permettent de comprendre qu’il est simplement avantageux d’aborder ce sujet dès que possible, en mettant d’abord en place quelques actions simples! 

Moneris par exemple, basé à Saint-Laurent, se considère comme un acteur parmi d’autres de la décarbonation de l’économie. Suite aux actions amorcées en 2020, l’entreprise a publié en 2023 son premier rapport ESG qui incluait notamment ses émissions de gaz à effet de serre et envisage en 2024 d’obtenir une certification environnementale. 

Collecter les solutions et stratégies d’entreprises leaders en décarbonation  

Comment les entreprises leaders dans ce domaine abordent ces défis? C’est précisément à ces questions que notre commissaire en développement durable, Sylvain Foulon, a cherché à répondre en participant au programme Campus Carboneutre de HEC Montréal1 en mai dernier.  

1Le campus vise la carboneutralité. La majorité des trajets se sont effectués en vélo mais du covoiturage et l’usage des transports en commun ont également été privilégiés. Le bilan carbone du campus s’élève à 1.29t CO2 eq. HEC MTL a compensé ces émissions en achetant des plantations de 18 arbres auprès de Carbone Boréal (inscription 10028). 

Ce programme offre une approche unique axée sur les exemples de gestion de la décarbonation en entreprise, comprenant plus de 15 visites et présentations d’entreprises engagées, ainsi que des échanges avec des experts et des scientifiques ayant déjà mis en œuvre des plans de décarbonation réussis. Les visites des différents sites d’entreprises se font d’ailleurs à vélo

En participant au programme d’HEC Montréal, notre commissaire a pris connaissance des meilleures pratiques et des stratégies éprouvées pour garantir un succès durable dans cette quête vers la neutralité carbone auprès d’entreprises comme CAE, CIMA+, Montoni, Lemay,  Energir, Desjardins, Hydro Québec, Port de Montréal, Schneider Electrique, etc. 

Voici donc quelques retours tirés de cette expérience d’échange avec quelques entreprises à la pointe en matière de décarbonation. 

Les enjeux principaux de la décarbonation soulevés par les entreprises

Les enjeux liés à la décarbonation des entreprises sont nombreux mais peuvent être rassemblés sous 3 grandes catégories, avec certains conseils pour mieux les aborder :  

1. Méconnaissance et complexité 

La méconnaissance des risques et la complexité du langage carbone pour mettre en œuvre les concepts de décarbonation peuvent être difficiles, notamment en raison des différents jargons et méthodes de travail des professionnels impliqués.  

Nous préconisons une vulgarisation des termes en durabilité selon le jargon des professionnels afin de faciliter compréhension et communication entre toutes les parties prenantes. 

De la même façon, pouvoir évaluer les risques législatifs sur la carboneutralité et anticiper les fluctuations des prix des énergies fossiles représente un défi pour les PME. La décarbonation nécessite souvent des investissements à long terme dans de nouveaux équipements, ce qui peut être difficile à financer.  

Pour cela, il est primordial de mettre en place des mesures d’économies immédiates pour dégager des fonds en vue de financer des projets d’investissement. Compte tenu de l’incertitude qui entoure les approches de décarbonation, il est primordial d’être visionnaire et de fixer des objectifs ambitieux, tout en assumant les incertitudes sur certains détails. Une feuille de route claire facilitera la planification financière. 

2. Manque de données fiables et pertinentes 

Idéalement les données en temps réel permettent une analyse fiable mais sont souvent inexistantes ou difficiles à obtenir pour nombre d’entreprises. Les efforts à déployer pour obtenir ces données sont souvent colossaux et leur conversion et analyse pour la création d’un rapport ESG ou RSE peuvent être chronophages. La durabilité est un domaine complexe qui nécessite une expertise pointue.  

Les PME ont besoin d’un service clé-en-main avec une assistance d’experts neutres pour les accompagner dans leurs démarches de décarbonation. L’accès à des informations pertinentes et à une veille sectorielle est essentiel pour permettre aux entreprises de mieux appréhender leur exposition aux enjeux de durabilité.

3. Gestion du changement 

La transformation de l’entreprise vers des pratiques plus durables requiert une gestion efficace du changement, tant au niveau des méthodes de travail que de l’exploitation des équipements. Il est essentiel de mobiliser et d’impliquer les collaborateurs dans cette démarche pour assurer son succès. Le changement est un processus progressif, et il est important de reconnaître les efforts fournis pour engager une approche d’amélioration continue.  

Exemple d’intégration des meilleures pratiques de décarbonation en entreprise 

Les stratégies en décarbonation peuvent être multiples en fonction du secteur d’activité, de la taille, de la structure ou des spécificités d’une entreprise.  

Pour réduire les GES, il est nécessaire d’établir un plan de réduction aligné sur une stratégie, comprenant : 

  • Échelle de temps 
  • Responsables 
  • Objectifs spécifiques de réduction 
  • Moyens pour atteindre ces objectifs
  • Mesures pour compenser les émissions résiduelles 
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Voici l’aperçu du processus de décarbonation des entreprises observées sur le terrain qui intègrent les meilleures pratiques, permettant ainsi d’obtenir une vision succincte des étapes à franchir et pouvant servir d’exemple pour amorcer un plan d’action

1 – Évaluer les risques et les opportunités de l’entreprise pour préparer la transformation en équipe 

Cela commence par l’élaboration d’un plan de décarbonation adapté aux caractéristiques de l’entreprise. Une stratégie intégrée au modèle d’affaires existant est indispensable pour garantir un succès durable et éviter les pièges de l’écoblanchiment. Impliquez vos parties prenantes, scénarisez les possibilités en fonction de vos concurrents d’industrie, des tendances économiques, règlementaires et sociales, et établissez des cibles de décarbonation alignées sur des objectifs tels que ceux définis par la Science Based Targets Initiative (SBTi). 

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La décarbonation est une affaire d’équipe et implique chaque partie prenante de l’organisation. Il sera important de communiquer en interne comme à l’externe votre stratégie de décarbonation avec des piliers principaux sur lesquels s’appuyer, faciles à comprendre, tels que : 

  • bâtiments verts,  
  • amélioration des produits,  
  • mobilité durable,  
  • efficacité énergétique  
  • approvisionnement responsable 

Adopter une approche de gouvernance en équipe, avec un réseau interne d’ambassadeurs RSE travaillant en étroite collaboration avec le responsable RSE, qui relève directement du PDG. Cette approche multidisciplinaire et décentralisée mobilise les employés et facilite la communication en utilisant un langage adapté à chaque groupe. L’instauration d’une gouvernance légitime, agile et ouverte pour votre décarbonation favorisera l’engagement des employés en réduisant leur éco-anxiété.  

Impliquez régulièrement vos employés dans la définition des objectifs et célébrez leurs réalisations pour favoriser leur engagement. Une formation générale pour tous les employés est recommandée et une formation plus adaptée pour certains métiers contribuerait à une sensibilisation efficace préalable à l’implantation de mesures de réduction des GES.  

L’embauche de spécialistes ou consultants en décarbonation pour assurer le développement professionnel des membres des équipes augmente l’adhésion, la productivité et la satisfaction globale des employés. 

Exigez à vos unités d’affaires qu’elles soient imputables en leur en demandant de présenter leur feuille de route pour la décarbonation. En favorisant l’autonomie dans un cadre bien défini, vous encouragez l’innovation locale et permettez la mutualisation des meilleures solutions, tout en maintenant le cap sur les objectifs communs pour le groupe. 

L’utilisation de certifications environnementales telles que Fitwel, LEED et le Zero Carbon Building Standard vous permettra d’identifier rapidement des partenaires de choix pour vos initiatives de décarbonation liées aux bâtiments. 

2 – Mesurer, Planifier, Réduire, Compenser et Vérifier  

Quantification, planification 

Le calcul de l’inventaire des émissions de gaz à effet de serre (GES) se fait selon les normes ISO14064 et le protocole GHG. Le processus implique la collecte, la quantification, l’analyse et la divulgation des données. L’analyse de cycle de vie est l’outil de prédilection pour évaluer l’empreinte carbone des produits et services dans une perspective d’optimisation de leur cycle de vie.  

Les portées 1 et 2 (émissions directes et indirectes liées à l’énergie) sont incluses systématiquement, mais la portée 3 (émissions indirectes liées aux activités externes de l’organisation) nécessite une définition précise pour établir une stratégie de communication appropriée.  

Considérez dans la portée 3, les déplacements professionnels, les déplacements des employés, les bâtiments loués (consommation d’électricité et d’énergie fossile) car ces postes d’émissions seront significatifs pour votre entreprise.  

Plan de réduction des GES 

Le plan de décarbonation est élaboré pour définir un calendrier précis, les investissements nécessaires et les réductions d’émissions de gaz à effet de serre (GES) envisagés afin de piloter efficacement la transformation. Une liste d’actions prioritaires est établie pour guider la mise en œuvre.  

La clé du succès interne repose sur la fiabilité, la disponibilité et la fréquence des données, qui doivent être solides. Le financement doit prendre en compte les économies résultant de la réduction des émissions par rapport aux investissements, ainsi que les économies générées par l’exploitation des solutions, pour établir un portrait économique réaliste et motivant.  

Les aides financières peuvent aussi alléger le fardeau financier, et les retours sur investissement (ROI) observés sont généralement de l’ordre de 3 à 7 ans pour les meilleures pratiques de décarbonation des émissions de portée 3 mises en place par les entreprises comme :   

  • Inclure un plan d’investissement pour électrifier la flotte de véhicules et installer des bornes de recharge à l’entreprise (portée 1) 
  • Réduire les filières polluantes et s’intégrer à un écosystème de partenaires engagés dans la décarbonation (portée 1) 
  • Travailler sur l’éco-efficacité avec les propriétaires de vos bâtiments, chercher à réduire la superficie par employé (portées 1,2,3) 
  • Mettre en place une politique de déplacement responsable pour vos employés (portée 3) 
  • Collaborer avec les partenaires pour décarboner la chaîne d’approvisionnement (portée 3) en engageant des discussions avec les fournisseurs en amont, les inciter volontairement à se conformer aux nouvelles règles, y compris la transmission des données sur les performances environnementales. 
  • Adopter une charte d’approvisionnement responsable via ECOVADIS, mettant l’accent sur les droits humains et le développement local. (portée 3)  

Crédits compensatoires  

La compensation, également connue sous le nom « d’offset », implique la vente de tonnes d’émissions, principalement pour les gros projets, lorsque les émissions sont importantes et vise ultimement à se déclarer carboneutre. 

Cependant, la question de la compensation des émissions soulève plusieurs problématiques, notamment la crédibilité en raison des méthodologies et protocoles utilisés, le transfert d’argent vers quelques régions principales telles que la Californie, et la facilité à court terme de compenser plutôt que de réduire les émissions à la source. 

Bloc empilés de développement durable : éco-conception, bâtiment économe énergie, recyclage, économie circulaire, GES, verdissement, réduction CO2, véhicule électrique,
Il est toujours préférable de choisir d’abord de réduire les émissions à la source avant de compenser par les crédits carbones

La qualité des crédits de compensation peut varier en fonction de la qualité des projets de compensation. L’entreprise doit donc s’assurer d’acheter des crédits certifiés « VCS » (Verified Carbon Standard) ou Gold Standard. Par exemple, la compensation par Planetair reverse une contribution au Fonds de recherche de l’École de Technologie Supérieure sur les changements climatiques. Un autre exemple est Carbone Boréal, qui plante des arbres au Québec et mesure la valeur carbone de ses plantations avec une rigueur scientifique absolue. 

Lorsque les entreprises utilisent la compensation, elles ont tendances à en diversifier les types : 

  • Compenser les émissions directes de portée 1 par des projets forestiers, qu’ils soient locaux ou internationaux, mais en assurant une traçabilité vérifiable des plantations, tout en prenant en compte l’intérêt naturel et local de ces initiatives. 
  • Compenser les émissions de portée 2 en utilisant des Certificats d’Energie Renouvelable (CER). Ces certificats garantissent que l’énergie consommée provient de sources renouvelables
  • Compenser les émissions de portée 3 pour atteindre la carboneutralité d’ici à votre cible (avant 2050). Il existe différentes solutions naturelles (restauration de milieux humides), organisationnelles (soutien à l’agriculture durable), et technologiques (cellules de captation et de séquestration minérale). Dans cette optique, il est important de prévoir un budget dédié au fond de carboneutralité de l’entreprise. 

Validation et divulgation des progrès 

Dans les mois et les années à venir, le secteur financier, les compagnies d’assurance, les gouvernements, ainsi que les fournisseurs et les clients exigeront des entreprises des rapports de divulgation sur leur trajectoire de décarbonation et les progrès accomplis.  

À Montréal, depuis 2021, les bâtiments d’une superficie de plus de 5000 m2 doivent déjà divulguer leur bilan carbone et ce sera aux 2000 m2 et plus de s’y conformer en 20242

2source : https://www.supplychainbrain.com/blogs/1-think-tank/post/37081-three-developments-in-esg-that-will-impact-supply-chains-2023)  

Aux États-Unis, l’administration Biden a proposé la «Federal Supplier Climate Risks and Resilience Rule», qui requiert la divulgation des émissions de GES de portée 1, 2 et 3 (dans une certaine mesure) ainsi que la présentation d’une feuille de route en décarbonation alignée sur les objectifs du SBTi (Science Based Targets Initiative). 

L’établissement des objectifs doit être basé sur les risques liés aux impacts physiques et aux transitions, ainsi que sur les opportunités liées à la gestion du changement climatique. Deux références majeures sont la Science Based Targets Initiative (SBTi) et les stratégies Net-Zéro. 

Commencer dès maintenant avec quelques actions simples 

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Avant toute action, un investissement en travail préparatoire est indispensable pour structurer l’équipe RSE afin d’identifier les risques et les opportunités des changements climatiques pour l’entreprise. 

Toutes les entreprises font face au même enjeu de disponibilité de données. Ce sera votre défi aussi. Nous pouvons vous accompagner à préparer votre équipe à relever ce défi collectif et historique :  

Recensez les informations disponibles : commencer par établir une estimation du bilan carbone de votre entreprise à l’aide des données disponibles (spécifications des équipements utilisés, approvisionnement de matières, factures énergétiques de la flotte de véhicules). Des bases de données ouvertes peuvent aussi vous fournir une valeur approximative de l’impact de l’utilisation de l’eau ou le transport de marchandises depuis l’Asie. 

Puis il s’agira de vérifier les hypothèses avec des mesures par des capteurs et des questionnaires. Par exemple, l’entreprise pourra mesurer l’électricité consommée par chacune des machines, sonder les employés sur leur moyen de transport domicile-travail, analyser des fiches de matières premières…). 

Les données analysées permettront d’identifier les plus grands postes d’émissions de l’entreprise et d’orienter les premiers pas. 

Hormis l’industrie agro-alimentaire (pour qui les impacts sont essentiellement en amont de production élevage, culture, et en gestion des déchets), le bilan des entreprises manufacturières ressemble typiquement à ce portrait : 

  • Pour la portée 1, les émissions les plus importantes proviennent de la flotte de véhicules et de l’utilisation des bâtiments (chauffage au gaz naturel). Dans le cas d’une entreprise n’ayant pas de flotte de véhicule et étant locataire, les fuites de fluides réfrigérants ainsi que les émissions de combustion fixe (procédés) pourront bien être vos principaux postes d’émissions de GES. 
  • Pour la portée 2, il s’agira de votre consommation électrique, essentiellement pour la transformation en froid, chaleur et vapeur. 
  • Pour la portée 3, plus de 60% concerneront l’approvisionnement des biens (matières premières et transport) et 25% proviendront de la mobilité des employés (domicile-travail et voyages d’affaires). Selon l’activité de l’entreprise, l’utilisation des produits et leur gestion de fin de vie pourrait représenter une part importante. 
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Obtenez votre bilan carbone : faites appel à un expert qui quantifiera le bilan carbone et se chargera de le vérifier. Le bilan sera accompagné d’une liste de solutions pondérées selon le gain de réductions de GES et l’investissement financier, ainsi que la trajectoire suggérée.  

Expertises et ressources à votre disposition 

Le coût d’un bilan carbone est très souvent remboursé dans les premiers mois par les économies réalisées par les mesures correctives. Ce document vous permettra aussi d’établir une stratégie planifiée et cohérente. 

Comme organisme de développement économique, notre objectif est de vous accompagner dans cette transition pour vous aider à relever le défi de la décarbonation, vers une entreprise plus durable et responsable. Nous mettons à votre disposition notre expertise et nos ressources pour vous aider à surmonter ces défis. 

En vous engageant sur cette voie, vous contribuerez à un avenir plus durable pour votre organisation, l’environnement et prendrez de l’avance sur les demandes de vos clients, partenaires et pourrez obtenir plus facilement des financements.