Productivité et numérique : comment les PME manufacturières peuvent passer à l’action

Un signal clair pour les PME manufacturières 

La 17e édition du Baromètre industriel québécois du STIQ confirme une réalité bien connue des dirigeants manufacturiers : les PME québécoises doivent composer avec un contexte plus exigeant. Mais il existe des leviers concrets pour améliorer leur performance. 

Ralentissement des ventes, pression sur les marges, difficultés de main-d’œuvre, relève des postes clés, tarifs américains, investissements reportés : les défis sont nombreux. Mais le Baromètre met aussi en lumière une priorité qui revient constamment : améliorer la productivité et accélérer une transformation numérique mieux structurée.  

L’enjeu n’est donc pas seulement d’investir davantage. Il s’agit surtout d’investir mieux. 

Productivité : beaucoup d’actions, mais un besoin de priorisation 

Les PME manufacturières québécoises ne sont pas immobiles. Plusieurs ont déjà lancé des initiatives : amélioration continue, indicateurs de performance, achat d’équipements plus performants, réaménagement d’usine, supervision de plancher ou encore automatisation. 

Le Baromètre montre toutefois que la productivité manufacturière québécoise demeure fragile. En 2024, elle atteignait 65,10$ par heure travaillée, en recul par rapport à 2022. Le Québec a réduit son écart avec l’Ontario et le Canada, mais surtout parce que ces derniers ont aussi ralenti.  

C’est ici que se situe le vrai défi : beaucoup d’entreprises posent des gestes, mais pas toujours dans une séquence optimale. Acheter un équipement, ajouter un logiciel ou robotiser un poste ne garantit pas automatiquement un gain durable. 

Avant d’investir, il faut souvent revenir aux bases : 

  • Où sont les pertes de temps?  
  • Quels postes créent les goulots?  
  • Les données de production sont-elles fiables?  
  • Les équipes utilisent-elles vraiment les outils déjà en place?  
  • Quel projet aura le plus grand impact sur les coûts, la qualité ou les délais?  

Une démarche structurée permet d’éviter les projets isolés et de concentrer les efforts là où les gains seront mesurables. 

Transformation numérique : avancer, mais dans le bon ordre 

Le virage numérique progresse, mais lentement. Selon le Baromètre, les entreprises ont intégré en moyenne 1,8 technologie numérique. Certaines technologies sont présentes, comme la maintenance prédictive, la robotique, le contrôle en temps réel ou l’interconnexion des équipements. Mais leur adoption demeure inégale, surtout chez les plus petites PME.  

Ce constat est important : la transformation numérique ne commence pas nécessairement par un robot, une intelligence artificielle ou un projet complexe. Elle commence souvent par une meilleure gestion des données, une clarification des processus et une vision claire des priorités. 

Le CEI Montréal rappelle d’ailleurs qu’un virage 4.0 ne signifie pas uniquement automatiser : il s’agit d’abord de mieux gérer l’information et de choisir les projets à plus forte valeur ajoutée.  

Pour une PME, les premières actions peuvent être très concrètes : 

  • cartographier les processus;  
  • identifier les données critiques;  
  • évaluer l’utilisation réelle de l’ERP;  
  • connecter certains équipements;  
  • automatiser une tâche administrative répétitive;  
  • structurer un tableau de bord de production;  
  • prioriser un projet numérique à fort retour sur investissement.  

Le numérique devient alors un moyen d’améliorer les opérations, et non une fin en soi. 

Des pressions qui rendent l’action plus urgente 

Le contexte actuel renforce l’importance d’agir avec méthode. 

Le protectionnisme américain touche directement ou indirectement une grande partie des manufacturiers. Le Baromètre indique que quatre entreprises sur cinq subissent des effets négatifs des tarifs américains, notamment sur les commandes, les marges et les clients.  

La main-d’œuvre demeure aussi un enjeu majeur. Le recrutement de personnel spécialisé, la rétention et la relève pour les postes clés continuent de préoccuper les dirigeants. Dans ce contexte, améliorer la productivité n’est pas seulement une question de rentabilité : c’est aussi une façon de réduire la dépendance à la main-d’œuvre rare, de mieux utiliser les compétences internes et de préserver les savoir-faire. 

Les investissements sont, eux aussi, sous pression. Le Baromètre souligne que les investissements en achat d’équipement ont atteint un niveau historiquement faible depuis le début de la mesure de cet indicateur.  

Autrement dit, les entreprises doivent faire des choix. Et ces choix doivent être appuyés par une analyse objective. 

Passer de projets ponctuels à une feuille de route 

Pour pallier les enjeux soulevés par le Baromètre, les PME gagnent à passer d’une logique de projets dispersés à une feuille de route structurée

Cette feuille de route peut suivre quatre étapes simples. 

1. Diagnostiquer 

Avant de choisir une technologie, il faut comprendre les enjeux opérationnels : flux, délais, qualité, capacité, données, équipements, compétences et irritants quotidiens. 

2. Prioriser 

Tous les projets ne se valent pas. Certains auront un impact rapide sur la productivité; d’autres exigent plus de maturité ou d’investissement. L’objectif est de choisir les bons projets, dans le bon ordre. 

3. Sélectionner 

Le choix d’un logiciel, d’un équipement ou d’une technologie doit rester neutre et aligné sur les besoins réels. Une mauvaise sélection peut créer plus de complexité que de gains. 

4. Implanter et mesurer 

La productivité se gagne sur le terrain. Il faut accompagner les équipes, former les utilisateurs, mesurer les résultats et ajuster les processus. 

Le rôle du CEI Montréal 

Le CEI Montréal accompagne les entreprises manufacturières dans leurs projets de productivité, de transformation numérique et d’amélioration opérationnelle. Son accompagnement est neutre et vise à aider les PME à accroître leur performance par des solutions adaptées à leur réalité. Le CEI MTL est mandaté par le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie du Québec et propulsé par Excellence industrielle Saint-Laurent.  

Concrètement, le CEI Montréal peut aider une entreprise à réaliser un diagnostic numérique, établir un plan d’action, formuler des recommandations concrètes, soutenir la sélection d’équipements ou de logiciels, et accompagner l’amélioration des opérations. 

Le CEI Montréal dispose aussi d’une vitrine technologique permettant aux dirigeants de voir, tester et mieux comprendre des technologies disponibles aujourd’hui au Québec avant de passer à l’investissement.  

Agir maintenant, mais agir intelligemment 

Le Baromètre du STIQ ne dit pas aux PME manufacturières de tout transformer d’un coup. Il montre plutôt qu’il faut avancer avec méthode. 

La productivité et le numérique ne sont plus des projets secondaires. Ce sont des leviers pour protéger les marges, mieux utiliser la main-d’œuvre, renforcer la compétitivité et préparer la relève. 

Pour les entreprises qui souhaitent passer à l’action, le premier pas peut être simple : faire le point sur leurs opérations, identifier les projets prioritaires et s’entourer d’un accompagnement neutre pour prendre les bonnes décisions. 

Pour amorcer un diagnostic, valider un projet numérique ou améliorer vos opérations, communiquez avec le CEI Montréal.