Tarifs et contre-tarifs Canada–États-Unis : quels impacts pour les PME québécoises ?
Informations mises à jour au 15 septembre 2026. Les mesures tarifaires pouvant évoluer, leur application doit être vérifiée selon le produit, son origine et sa classification douanière.
Depuis 2025, les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis sont marquées par une escalade tarifaire. Le 22 août 2026, les États-Unis ont notamment imposé des droits de douane de 50 % sur des produits canadiens représentant 27,6 milliards de dollars.
En réponse, le Canada applique depuis le 8 septembre 2026 des contre-mesures tarifaires de 15 %, de 25 % et de 50 % sur 27,6 milliards de dollars d’importations américaines.
Pour les PME québécoises, l’enjeu n’est pas nécessairement de se détourner du marché américain. Il s’agit plutôt de comprendre leur exposition, d’en mesurer les conséquences et de réduire les risques associés à une dépendance excessive envers un seul marché.
Des impacts qui dépassent les droits de douane
Une entreprise peut être touchée directement par les nouvelles mesures tarifaires, mais également subir leurs effets à différentes étapes de sa chaîne d’approvisionnement.
Exporter vers les États-Unis : quel effet sur les prix et les marges ?
Pour une PME qui exporte vers les États-Unis, un droit de douane américain peut augmenter le prix payé par le client. L’entreprise peut alors être confrontée à une réduction de sa marge, à une renégociation des conditions commerciales ou à une perte de compétitivité face à des fournisseurs non soumis aux mêmes droits.
L’incidence réelle dépend notamment de la capacité de l’entreprise à absorber une partie du coût, à le partager avec son client ou à le répercuter sur son prix de vente.
Importer des intrants américains sans subir la hausse des coûts
Les entreprises qui importent des matières premières, des composants, des équipements ou des produits américains peuvent également voir leurs coûts d’approvisionnement augmenter en raison des contre-mesures canadiennes.
Même lorsqu’une entreprise n’exporte pas directement aux États-Unis, elle peut donc être touchée si ses fournisseurs utilisent des intrants assujettis à de nouveaux droits.
L’impact réel doit être évalué en tenant compte du produit, de son origine, de sa classification douanière et de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. Dans un même secteur, certains produits peuvent être fortement touchés alors que d’autres bénéficient d’un traitement différent.
Quels secteurs québécois sont les plus vulnérables aux mesures commerciales ?
Les nouvelles mesures concernent plusieurs secteurs importants pour l’économie québécoise. Toutefois, l’exposition varie considérablement d’un produit et d’une entreprise à l’autre.
Métaux, agroalimentaire, équipements : les industries en première ligne
Les contre-mesures canadiennes entrées en vigueur en septembre ciblent notamment l’acier et l’aluminium, les produits laitiers, l’électroménager, le matériel agricole, les pâtes et papiers, les produits de la mer, l’électronique, certains meubles et certains vêtements.
D’autres entreprises peuvent être touchées indirectement lorsqu’elles utilisent ces produits comme matières premières, composants, emballages ou équipements dans leurs activités.
Vérifier le code SH et l’origine des marchandises avant de décider
Il n’existe pas de stratégie unique applicable à toutes les PME. Avant de modifier un prix, de changer de fournisseur ou de réorienter ses ventes, l’entreprise doit vérifier son exposition produit par produit.
Cette analyse repose notamment sur le code du Système harmonisé, communément appelé code SH, et sur l’origine de la marchandise. Le pays d’expédition ne détermine pas toujours son origine douanière.
Une validation rigoureuse permet d’éviter de prendre des décisions commerciales à partir d’une perception générale du marché plutôt que de la situation réelle de l’entreprise.
Réduire sa dépendance au marché américain sans y renoncer
Les États-Unis demeurent un marché incontournable pour de nombreuses entreprises québécoises. Diversifier ne signifie donc pas nécessairement quitter ce marché, mais mieux répartir les risques et réduire la vulnérabilité de l’entreprise.
Mesurer concrètement l’exposition commerciale de son entreprise
Pour obtenir un premier portrait de sa situation, une PME déjà présente aux États-Unis peut se poser quatre questions :
• Quelle part de notre chiffre d’affaires dépend du marché américain ?
• Quels produits sont réellement visés par les mesures tarifaires ?
• Quelle marge demeure après l’application des droits et l’augmentation des coûts connexes ?
• Existe-t-il des fournisseurs, des composants ou des marchés alternatifs ?
Cette réflexion doit également tenir compte des contrats en vigueur, des responsabilités liées aux droits de douane, des délais logistiques et de la capacité de production de l’entreprise.
Repérer des fournisseurs et des débouchés alternatifs
La diversification peut prendre plusieurs formes : rechercher de nouveaux clients au Canada, développer un marché international, ajouter un distributeur, adapter son offre ou sécuriser des sources d’approvisionnement complémentaires.
Pour une entreprise qui débute à l’exportation, le contexte actuel peut aussi être l’occasion d’intégrer plusieurs marchés à sa stratégie dès le départ. Cette approche réduit le risque de bâtir sa croissance autour d’un seul territoire.
Votre PME est-elle vulnérable aux tensions commerciales actuelles ?
Avant d’engager une transformation importante, l’entreprise doit distinguer les risques immédiats des risques potentiels.
Obtenir un premier portrait grâce au Diagnostic express
Un Diagnostic express a été développé afin d’aider les entreprises à obtenir un premier portrait de leur situation.
Cet outil permet d’amorcer une réflexion sur leur exposition aux mesures tarifaires, leur dépendance envers certains marchés et leurs possibilités de diversification. Il constitue un point de départ pour déterminer les vérifications et les actions à prioriser.
ALÉGO, un levier pour conquérir de nouveaux marchés
Dans ce contexte, Commerce International Québec et le réseau des organismes régionaux de promotion des exportations, les ORPEX, proposent le programme ALÉGO.
Ce programme offre un accompagnement stratégique et multidisciplinaire aux PME québécoises qui souhaitent réduire leur dépendance économique et renforcer leur compétitivité internationale.
L’aide peut couvrir jusqu’à 50 % des coûts d’accompagnement admissibles. Selon la complexité du projet, l’entreprise peut bénéficier d’un accompagnement personnalisé mobilisant différentes expertises, notamment en commercialisation, en droit, en fiscalité, en logistique, en conformité, en développement durable ou en numérique.
Développement-Exportation : structurer une expansion hors Québec
Le volet A, Développement-Exportation, soutient les entreprises qui disposent déjà d’un plan d’exportation et souhaitent développer un marché hors Québec.
L’entreprise doit notamment :
• viser un marché hors Québec ;
• disposer d’un plan d’exportation ;
• assumer 50 % des honoraires admissibles ;
• ne pas réaliser un projet similaire déjà financé par le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie ;
• terminer son projet au plus tard le 31 mars 2027.
Ce volet convient aux entreprises prêtes à passer rapidement à la mise en œuvre de leur démarche d’exportation.
Diversification de marchés : passer du diagnostic à l’action
Le volet B s’adresse aux entreprises touchées par la crise tarifaire et les contre-mesures canadiennes qui souhaitent diversifier leurs activités vers un marché hors Québec autre que les États-Unis.
Pour être admissible, l’entreprise doit notamment :
• avoir réalisé un chiffre d’affaires d’au moins 2 millions de dollars lors de son dernier exercice financier ;
• compter moins de 500 employés ;
• pouvoir identifier les impacts de la crise tarifaire sur ses activités ;
• disposer d’une ébauche de plan de diversification ;
• assumer 50 % des honoraires admissibles ;
• réaliser son projet sur une période maximale de 12 mois et le terminer au plus tard le 31 mars 2028.
L’admissibilité demeure soumise à l’évaluation de l’ORPEX et à la disponibilité des fonds.
Valider un marché, prospecter et adapter sa stratégie internationale
Selon les besoins de l’entreprise, l’accompagnement offert dans le cadre d’ALÉGO peut notamment porter sur :
• la validation d’une occasion d’affaires ou l’analyse d’un marché ;
• la recherche de clients, de partenaires, de distributeurs ou d’agents ;
• la stratégie de commercialisation et le positionnement international ;
• la conformité réglementaire et les certifications ;
• le droit international et la propriété intellectuelle ;
• la logistique, le transport et la chaîne d’approvisionnement ;
• l’adaptation de documents et d’outils destinés à des clients étrangers ;
• la mise en œuvre concrète d’un plan d’exportation.
Un projet d’exportation ou de diversification ? Parlons-en
L’équipe Exportation d’Excellence Industrielle Saint-Laurent peut vous aider à mieux comprendre votre exposition aux mesures tarifaires, à évaluer vos possibilités de diversification et à structurer votre démarche d’exportation.
Que votre entreprise souhaite consolider sa présence aux États-Unis, explorer de nouveaux marchés ou déterminer les mesures d’accompagnement disponibles, notre équipe peut vous aider à identifier les options les mieux adaptées à votre situation.
Contactez nous : exportation@excellence-industrielle.ca