L'économie circulaire au service des manufacturiers.

Le regard de Sylvain, commissaire au développement durable chez Excellence industrielle Saint-Laurent : Comment identifier des occasions concrètes ?

Quand on parle d’économie circulaire, plusieurs pensent immédiatement au recyclage. D’autres imaginent des investissements importants ou des technologies complexes.

Pourtant, après plusieurs années passées à accompagner des entreprises manufacturières, je peux vous dire une chose : l’économie circulaire commence rarement par une machine. Elle commence par un regard différent.

Un regard qui transforme les déchets en ressources. Les coûts en occasions. Les voisins en partenaires.

C’est souvent aussi simple que cela.

Dans les usines que je visite, les meilleures idées ne se trouvent presque jamais dans un rapport d’ingénierie. Elles émergent d’une discussion avec un employé, d’une visite de production ou d’une simple question. Pourquoi cette matière est-elle jetée? Cette chaleur est-elle vraiment perdue? Ce contenant doit-il absolument être à usage unique?

Ces questions semblent banales. Pourtant, elles ouvrent parfois la porte à des économies importantes, à de nouveaux partenariats ou à des projets auxquels personne n’avait pensé.

C’est exactement ce qui nous a amenés à lancer le projet de boucle énergétique collective dans le parc industriel de Saint-Laurent.

En discutant avec les entreprises, un constat est apparu : certaines dépensaient beaucoup d’énergie pour chauffer leurs bâtiments ou leurs procédés, tandis que d’autres rejetaient continuellement de grandes quantités de chaleur dans l’atmosphère, notamment les centres de données.

Les deux réalités coexistaient à quelques centaines de mètres l’une de l’autre, sans jamais se rencontrer.

Notre rôle n’a pas été d’inventer une nouvelle technologie. Il a été de rassembler les entreprises, les experts, les partenaires publics et les organismes de financement afin de vérifier si cette chaleur pouvait devenir une ressource collective plutôt qu’une perte.

Les résultats préliminaires sont prometteurs : des économies estimées à 600 000 $ par année pour les entreprises participantes, une réduction moyenne de 30 % de la consommation énergétique et une diminution de 4 400 tonnes de CO₂e par année.

Au-delà de ces chiffres, le projet contribue également à renforcer la résilience opérationnelle des entreprises, à améliorer leur bilan environnemental et, peut-être surtout, à leur offrir une plus grande prévisibilité face aux coûts de l’énergie.

Voilà, à mes yeux, la véritable promesse de l’économie circulaire.

Pourquoi les projets d’économie circulaire demeurent rares dans les PME manufacturières ?

Beaucoup d’entreprises ont déjà des pratiques circulaires sans les nommer ainsi. Elles réparent des équipements au lieu de les jeter. Elles gardent des pièces en réserve pour éviter le gaspillage. Elles collaborent avec d’autres acteurs du territoire pour donner une seconde vie à certains matériaux (ex Polyvie). Elles optimisent leurs achats pour éviter les surplus inutiles.

C’est pour cela que le sujet parle autant aux équipes de production qu’aux gestionnaires. Il n’est pas réservé aux experts. Il touche la rentabilité, l’efficacité et la responsabilité. Une bonne pratique circulaire réduit souvent les coûts cachés (Article La presse couts cachés des matières résiduelles) : transport, entreposage, perte de matière, gestion des rebuts, achats répétés. Elle peut aussi améliorer l’image de l’entreprise auprès des clients, des employés et des partenaires.

La réponse n’est donc pas un manque de volonté. Les dirigeants d’usine jonglent déjà avec la production, les ressources humaines, les coûts, les délais de livraison, les enjeux de qualité et les imprévus. Trouver le temps d’explorer de nouvelles possibilités devient un défi en soi.

À cela s’ajoute la multitude de solutions disponibles. Énergie, matières résiduelles, emballages, achats responsables, logistique, symbioses industrielles, subventions, nouvelles technologies… il est difficile de savoir par où commencer.

Et c’est tout à fait normal. Personne ne peut être expert de tous ces domaines en même temps. C’est précisément là qu’un regard extérieur prend toute sa valeur.

Le rôle d’un commissaire n’est pas d’arriver avec une solution toute faite. Il est d’écouter, d’observer, de poser les bonnes questions et d’aider l’entreprise à distinguer ce qui est souhaitable de ce qui est réellement pertinent.

Parfois, notre travail consiste simplement à créer des liens ou confirmer une intuition déjà bien présente.

C’est ce qui s’est produit lorsqu’un groupe d’entreprises nous a parlé des difficultés de transport de leurs employés. Chacune avait déjà tenté, individuellement, d’obtenir une modification des horaires d’autobus, sans succès. Avec le soutien de MOBA, en réunissant les entreprises, en documentant les besoins communs et en parlant d’une seule voix, les horaires ont finalement été adaptés. Ce projet ne concernait pas directement les matières résiduelles, mais il illustre parfaitement la logique de l’économie circulaire : créer plus de valeur grâce à la collaboration plutôt qu’en travaillant chacun de son côté. C’est d’ailleurs ce projet qui a fait naitre Éco-Maillage.

Mais il faut rester honnête : ce n’est pas magique. Toutes les options ne sont pas faciles. Toutes ne sont pas rentables immédiatement. Certaines demandent des tests. D’autres exigent un changement de fournisseur, d’équipement ou d’habitude. C’est normal. Le rôle du commissaire est justement d’aider à faire le tri entre ce qui est souhaitable, ce qui est possible et ce qui est prioritaire.

Consulter l’offre en économie circulaire, notamment son diagnostique subventionné à 60% et avec un temps requis très limité. Votre premier pas serait t-il ce clique ?

Un accompagnement neutre fait toute la différence.

Lorsqu’il est question de collaborer avec d’autres entreprises, de partager des ressources ou de développer un projet commun, un intermédiaire de confiance facilite les échanges et permet d’avancer plus rapidement et en parallèle du quotidien d’usine. La bonne nouvelle, c’est que l’économie circulaire ne demande pas de tout transformer du jour au lendemain.

Les plus belles réussites commencent souvent par une première action : optimiser un flux de matières, réduire un emballage, valoriser un résidu, partager un équipement ou mesurer une perte énergétique.

Chaque petit succès (quick win) crée de nouvelles idées. Les équipes embarquent. Les gestionnaires prennent confiance. Les projets prennent de l’ampleur.

Au fil des années, j’ai surtout appris une chose : les meilleures occasions ne se trouvent pas toujours à l’intérieur des murs d’une usine.

Elles apparaissent lorsque l’on regarde un territoire dans son ensemble. Le regard d’un commissaire, c’est cela. Voir les possibles sans nier les contraintes. Proposer sans imposer. Avancer avec les entreprises, pas à leur place.

Vous n’avez pas besoin d’avoir toutes les réponses pour commencer. Vous avez surtout besoin d’un regard objectif pour identifier les meilleures occasions, les prioriser et les transformer en actions concrètes.

Chez Excellence industrielle Saint-Laurent, c’est exactement le rôle que nous jouons. Nous aidons les entreprises à prendre du recul, à révéler les possibilités qu’elles n’ont ni le temps ni les ressources d’explorer seules, puis à mobiliser les bons partenaires, les expertises et les aides financières pour faire avancer les projets.

Parce qu’au fond, l’économie circulaire n’est pas une question de perfection ni de grands discours.

C’est une question de regard et de premier pas.

Découvrez les occasions qui existent déjà dans votre entreprise ! 

Contactez Sylvain : sylvain.foulon@excellence-industrielle.ca