Automatisation avancée : pourquoi les gains de productivité commencent par de bonnes fondations ?

L’automatisation avancée peut générer d’importants gains de productivité, à condition de s’appuyer sur des fondations solides : une bonne compréhension du procédé, des données fiables et une intégration efficace entre les opérations et les systèmes de gestion. Cet article présente des repères concrets pour amorcer une démarche d’automatisation ou maximiser les chances de succès d’un projet déjà envisagé.

Dans un contexte où les entreprises manufacturières cherchent à produire plus vite, mieux et avec moins de pertes, l’automatisation avancée apparaît souvent comme une réponse évidente. Pourtant, entre l’idée d’automatiser une ligne de production et la mise en place d’un système réellement performant, l’écart peut être important. 

C’est précisément ce que Benoît Houle a rappelé lors de sa conférence sur l’automatisation avancée et les gains de productivité, présentée dans le cadre de la 3e édition de Montréal Messe. Directeur technique automatisation chez Excelpro, il accompagne les entreprises manufacturières dans la conception et l’intégration de solutions d’automatisation industrielle. Selon lui, il ne suffit pas d’ajouter des robots, des capteurs ou des interfaces numériques. Il faut bâtir un système capable de soutenir les opérations, d’éclairer les décisions et de durer dans le temps. 

Par où commencer pour réussir son automatisation industrielle ?

L’automatisation industrielle repose sur plusieurs éléments interconnectés : machines, capteurs, contrôleurs, logiciels, données et systèmes de gestion. C’est leur intégration qui permet d’améliorer la performance et la productivité. 

Pour structurer cette intégration, de nombreuses entreprises utilisent le modèle ISA-95. Celui-ci rappelle qu’une transformation numérique efficace doit d’abord s’appuyer sur des fondations solides avant d’ajouter des outils de supervision ou d’analyse..

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À la base de cette pyramide se trouvent les équipements physiques : machines, capteurs et actionneurs. Ce sont eux qui permettent de mesurer le procédé et d’agir sur celui-ci. 

C’est également à ce niveau que sont générées les données. Si elles sont de mauvaise qualité, les systèmes de contrôle et les outils de gestion le seront aussi. Une stratégie d’automatisation efficace commence donc par des données fiables et une bonne compréhension du procédé. 

Des données fiables avant les technologies.

L’un des principaux messages de la conférence est simple : il faut maîtriser le procédé avant d’automatiser. Plutôt que de partir d’une technologie, il faut d’abord définir ce que l’on souhaite mesurer, contrôler et améliorer. 

La qualité de l’instrumentation est donc essentielle. Des capteurs bien choisis fournissent des données fiables qui alimentent les systèmes de contrôle et assurent la stabilité, la sécurité et la performance du procédé. 

Cette approche fait de l’automatisation un projet opérationnel avant d’être technologique. Les choix d’équipements doivent répondre aux besoins réels du procédé, et non aux tendances du marché. 

Relier les équipements aux systèmes de gestion

Une fois les données collectées et le procédé contrôlé, il faut rendre l’information accessible. Les interfaces opérateur, systèmes SCADA et outils d’historisation permettent de suivre les opérations et de réagir rapidement. 

Les données doivent ensuite être intégrées aux systèmes MES afin de soutenir la qualité, la traçabilité, la maintenance et le suivi de la performance. Comme l’a rappelé Benoît Houle, « les tableaux de bord servent à piloter et non à décorer ». 

Enfin, ces informations peuvent être reliées aux systèmes de gestion comme l’ERP ou les outils de planification. L’objectif est d’obtenir une vision réaliste de la capacité de production et de mieux soutenir les décisions d’affaires. 

Un cas concret : une cellule robotisée pour découper des casques militaires.

Pour illustrer cette approche, Benoît Houle a présenté un projet réalisé dans le secteur de la défense : une cellule robotisée pour la découpe de casques militaires. Le fabricant faisait face à plusieurs défis : qualité insuffisante de la découpe à l’eau, taux de rejet élevé, faible productivité, ainsi que des enjeux de traçabilité, de répétabilité et de santé-sécurité. 

Pour y répondre, une cellule robotisée intégrant plusieurs technologies a été développée : capteurs de présence, de poids et de position, robot six axes, préhension par ventouse, table X-Y, laser CO2 de précision, contrôleur avec logiciel CFAO, interface homme-machine et base de données SQL pour la gestion de la production. 

Les résultats démontrent l’efficacité de cette intégration. Le système a permis de produire 2 000 casques sans aucun rejet, tout en améliorant la répétabilité, la qualité de coupe et la traçabilité. Le temps de découpe est passé de 4,5 à 5 minutes à 1 à 1,5 minute par casque, soit un gain de productivité d’environ 500 %. 

Le projet a aussi amélioré la santé et la sécurité au travail. Grâce à la cellule robotisée, au système d’aspiration et aux dispositifs de sécurité, l’exposition aux fumées toxiques a été réduite. Au final, les gains ont dépassé la productivité : qualité, traçabilité, sécurité et compétitivité ont également été renforcées.

Comment maximiser les chances de succès de votre projet

Pour réussir un projet d’automatisation, il faut d’abord impliquer les équipes opérationnelles. Ce sont elles qui connaissent le procédé, les irritants, les variations et les points critiques. Sans leur contribution, le risque est de concevoir une solution techniquement intéressante, mais mal alignée avec la réalité du terrain. 

Il faut ensuite définir les besoins réels de gains de productivité. Cherche-t-on à réduire les rejets? À augmenter la cadence? À améliorer la traçabilité? À diminuer les arrêts non planifiés? Ces objectifs orientent les choix technologiques. 

Enfin, il faut bien s’entourer et penser à la maintenance dès le départ. Un système automatisé n’est pas figé. Il doit être maintenu, modernisé et adapté à l’évolution des besoins. La pérennité ne se joue donc pas seulement au moment de l’installation, mais tout au long du cycle de vie de l’équipement.

Le CEI Montréal, un partenaire neutre pour structurer vos projets

L’automatisation avancée ne se résume pas à robotiser une tâche ou à installer des logiciels. Elle consiste à bâtir un lien cohérent entre le procédé, les données, les opérateurs, les systèmes de contrôle et les outils de gestion. Quand cette intégration est bien pensée, les gains peuvent être majeurs : productivité, qualité, sécurité, traçabilité et meilleure prise de décision. 

Pour les PME industrielles, le véritable enjeu n’est donc pas de savoir s’il faut automatiser, mais comment prioriser les bons projets et avec quels partenaires les réaliser. 

Le CEI Montréal accompagne les entreprises industrielles dans cette réflexion de façon neutre et structurée, en les aidant à identifier les opportunités d’automatisation et à trouver des partenaires de réalisation adaptés à leurs besoins.

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